Cuba, la machine à remonter le temps

voiture américaine à cuba

Après 50 ans d’embargo, Obhama a annoncé la levée de l’embargo qui était imposé depuis 50 ans à Cuba. C’est une excellente nouvelle qui est l’occasion de visiter l’île de la Salsa avant qu’elle n’ait fondu dans le moule intermondialiste. Car si l’embargo a eu des effets particulièrement néfastes en matière de développement économique, il a eu également l’effet de protéger le pays de l’inexorable avancée du progrès libero-technologique.

C’est ainsi que pour le grand bonheur des touristes, la plupart des taxis cubains qui faisaient traverser l’île étaient, jusqu’en 2014, ou bien d’austères Ladas russes des années 70 ou de rutilantes voitures américaines, Cadillacs, Chrysler, Mustang, Playmouth, Chevrolet et autres Oldsmobiles des années 50 flambant neuves, rouge étincelant, vert amande, bleu subtile, partageant l’asphalte velléitaire de l’île avec des cavaliers à cheval. L’ironie de l’histoire était que toutes ces « belles américaines » conservées à travers les âges dans leurs carosseries magnifiquement retappées qui affichaient parfois jusqu’à 800000 km au compteur, cachaient des moteurs russes sous leur capot. De quoi faire se retourner Ford dans sa tombe. C’est que les voitures à Cuba étaient si rares que lorsqu’on en possédait une on ne la lâchait pas, de père en fils. C’est ainsi que les cubains ont bichonné leurs belles américaines jusqu’à aujourd’hui au point que Fidel Castro avait fini par les faire entrer au patrimoine national et qu’elle constituent indubitablement un des charmes de l’île. C’est vrai que demander au chauffeur de garer sa magnifique Pontiac TransAm blanche immaculée devant la « casa de la musica », un air de Benny Moré en bande son, le cigare au bec, à l’ombre de son panama pur paille peut vous prodiguer des sensations de James Dean dans un film de Cassavetes.

D’autant que dans la moindre boite de salsa du moindre village de la pampa la plus retirée de Cuba vous attend un spectacle digne du Crazy Horse propulsé par un orchestre local de niveau international, car les cubains ont un sens inné de la musiaue et du spectacle.

Mais avec l’autorisation d’importer des véhicules il se pourrait bien que tout ce joli monde disparaisse peu à peu pour laisser place au parc automobile international que nous connaissons. C’est pourquoi il ne reste plus que quelques années pour explorer l’île des cigares, du rhum et de la Salsa avant qu’elle ne rejoigne le club des stations balnéaires mondialistes.

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